EDITO | Sécurité, tranquillité publique : priorités des municipales – Convergences Travaillistes

Sécurité, tranquillité publique : priorités des municipales

À Convergences Travaillistes, nous travaillons à une colonne vertébrale de gauche sur les sujets qui grattent. Avec le souci de l’efficacité portée par les territoires.

« Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. » Charles Péguy

Face à l’inflation des violences physiques en France, la tentation est grande de ne regarder que l’État. Pourtant, la première ligne de la sécurité du quotidien se joue à l’échelle communale, là où l’on vit, où l’on élève ses enfants, où l’on croise ses voisins. C’est désormais la priorité numéro un des sondés pour les municipales.

Entre 2016 et 2023, les tentatives d’homicide ont bondi de 78 %, passant de 2 259 à 4 015 victimes recensées. Les violences physiques enregistrées ont augmenté de plus de 60 %, de 277 300 à 449 800 faits, et plus d’un acte sur deux est désormais intrafamilial. Dans le même temps, les escroqueries sont passées de 333 500 à 511 700 faits, pour moitié liées au numérique. Longtemps enfouies, ces réalités surgissent désormais dans les mains courantes, les classes, les permanences sociales. Ces chiffres, mis en lumière par le Ministère de l’intérieur, disent moins un « dérapage » qu’un basculement : la violence se rapproche des foyers et des écrans, donc de la vie municipale.

Or le maire n’est pas un figurant. La loi lui confie une responsabilité centrale en matière de prévention de la délinquance et de tranquillité publique. Partout où les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) fonctionnent vraiment, ils permettent de croiser les regards de la police municipale, de la gendarmerie, de l’Éducation nationale, des bailleurs sociaux et des associations pour traiter les problèmes à la bonne échelle : celle du quartier, de l’immeuble, parfois de la cage d’escalier.

Les communes qui réussissent ont un point commun : elles ne réduisent pas la sécurité à la seule répression. Vidéoprotection ciblée et contrôlée démocratiquement, médiateurs de rue en soirée, urbanisme de « reconquête » des espaces laissés aux trafics, partenariats avec les bailleurs pour sécuriser les halls, cellules locales de lutte contre les violences intrafamiliales, ateliers de prévention des arnaques en ligne pour les seniors et les jeunes… Partout où cette coproduction de la sécurité est assumée, le sentiment d’abandon recule.

Parce qu’elles sont l’échelon de la proximité, les communes peuvent aussi redonner du sens à la règle. En associant les habitants à des marches exploratoires, en co-construisant des chartes de bon usage de l’espace public, en soutenant les associations sportives et culturelles qui tiennent la jeunesse au contact, elles montrent que la tranquillité publique n’est pas un luxe d’époque prospère mais la condition d’une vie ordinaire digne.

L’État doit évidemment rester garant de l’égalité sur le territoire. Mais il serait illusoire de prétendre gérer, depuis Paris, les nuisances nocturnes d’une rue commerçante, les tensions dans une cour d’école ou le cyberharcèlement qui traverse un collège. Donner aux communes les moyens d’assumer pleinement leur rôle – en effectifs, en ingénierie, en données locales – n’est pas un supplément d’âme : c’est la clef d’une République qui protège, là où les Français vivent réellement.

Pour ce numéro spécial, nous avons donné la parole à des acteurs de collectivités représentatives de la diversité de nos territoires. Nous abordons également sans détour les sujets qui fâchent à gauche, du cloisonnement de l’action publique en particulier. Nous faisons le pari de l’efficacité, du pragmatisme à l’œuvre dans d’autres pays européens. Nous reviendrons dans un prochain numéro sur la question du cannabis tant elle nous semble emblématique du manque d’évaluation des politiques publiques.

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