Yannick Le Gouellec : « Le diable se cache dans les détails »
Un regard critique et engagé sur l’enseignement supérieur français
Yannick Le Gouellec, responsable de formations à l’Université Paris-Est Créteil (UPEC) depuis 1993, offre un témoignage riche et nuancé sur les enjeux de l’enseignement supérieur français. Ancien responsable de département, fort d’une expérience internationale majeure, et ayant travaillé également à la présidence de son université, il revient sur les défaillances du système de sélection, la massification des cursus et les perspectives d’amélioration.
Sur vos responsabilités et votre trajectoire
Pourriez-vous nous présenter votre parcours au sein de l’UPEC ?
J’ai rejoint l’université Paris-Est Créteil en 1993. Je pensais rester dix ans maximum, mais j’ai découvert une institution multidisciplinaire fascinante, notamment le site de Sénart en grande banlieue. C’est un contexte particulier : nous accueillons un IUT, une antenne de faculté de lettres, des formations en STAPS, à l’INSPÉ pour la formation d’enseignants, et un cursus de première année de médecine. Cette diversité m’a captivé.J’ai occupé plusieurs responsabilités : chef de département GEA à Fontainebleau, responsable des relations internationales, chargé de mission pour le développement de la formation continue à l’international pour l’Université Paris Est Créteil et maintenant responsable de licences professionnelles en Commerce International ainsi que coordonnateur des relations internationales sur l’Asie et le Canada. C’est une institution où des choses intéressantes se font, et notamment où la culture de projet est très forte.
Cycles courts et passerelles : une histoire complexe
Le rapport du Sénat souligne des problèmes dans les cycles courts (BTS, IUT). Quelle est votre analyse ?
La question des passerelles est centrale. Les BTS et IUT se sont développés dans les années 1960 pour former des cadres intermédiaires. À cette époque, deux ans d’études conduisaient directement à l’emploi. On trouvait alors des patrons d’entreprises avec un simple DUT.Mais il y a eu une massification importante à partir des années 1990. Toutes les villes moyennes ont voulu leur IUT pour offrir un accès local à l’enseignement supérieur. C’était une volonté politique compréhensible, mais elle a transformé le système et a ouvert la porte à une homogénéité moins forte au sein des IUT.
Comment cette massification a-t-elle changé la réalité ?
Aujourd’hui, le premier cycle ne s’entend plus comme un cycle court. Un jeune entrant en BTS vise le bac+5. Cela crée une dissonance majeure : ce que nous enseignons ne correspond plus aux attentes étudiantes. Ce qui était une filière professionnelle débouchant sur l’emploi en deux ans est devenu un tremplin vers les études longues.L’enjeu de la sélection et de l’inégalité sociale
Vous mentionnez des enquêtes de recrutement en IUT. Qu’ont révélé vos études ?
Dans les années 1990, l’association des Chefs de Départements GEA a mené une enquête qui n’a jamais été publiée. Elle montrait quelque chose d’inconfortable : les jeunes filles en IUT bénéficiaient d’une véritable ascension sociale. Pour les garçons, c’était différent. Ils affichaient une ascension sociale liée surtout à leur contexte familial, pas à la formation elle-même. Ceci était le fruit de nos politiques de sélection dans un contexte de très forte attractivité des formations en IUT.C’était un effet pervers de la sélection restrictive et de l’offre limitée. Cette réalité contredisait le discours officiel sur la démocratisation. La question était taboue.
L’échec de première année : un symptôme systémique
Quel regard portez-vous sur les taux d’échec croissants en première année d’IUT ?
C’est un problème massif que je propose de résoudre par une année préparatoire (année propédeutique). Actuellement, les quotas imposent 50% de bacheliers technologiques en IUT. Tous n’ont pas le niveau. Pourquoi ? Parce qu’ils pensent que l’IUT est beaucoup plus difficile que le BTS et ne postulent donc pas.Résultat : Parcoursup nous envoie des étudiants mal placés pour respecter les quotas. C’est contre-productif.
Votre solution ?
Une année zéro, à l’instar de ce que l’on peut trouver dans les colleges nord-américain ou CEGEP québécois en deux ou trois ans. Une ou deux années de remise à niveau combinant culture générale, humanités, notions scientifiques fondamentales et travail sur l’orientation des étudiants. C’est un vrai besoin. En Amérique du Nord, les cégeps fonctionnent ainsi avec succès.Les taux d’échec varient énormément selon les départements. Pouvez-vous nous expliquer ces variations ?
En informatique, nous avons des taux élevés. En maintenance industrielle, c’est mieux en partie grâce à l’apprentissage. En GEA, nous avons parfois atteint 30%, ce qui est énorme pour un IUT.Faut-il augmenter les droits d’inscription ?
Oui. Actuellement, c’est moins de 200 euros par an, un signal prix très faible. Cela envoie un message : les études sont « gratuites ». Ce n’est pas le cas. Les jeunes et leurs familles doivent assumer que les études ont un coût réel, payé par la collectivité. Augmenter les frais encouragerait un engagement minimum et réduirait les inscriptions peu judicieuses.Santé mentale et problèmes sociétaux
Avez-vous observé des changements dans le bien-être étudiant ?
Oui, absolument. Nous voyons désormais des étudiants avec de véritables problèmes de santé mentale. C’est nouveau pour nous. Je ne suis pas spécialiste pour dire si c’est lié aux réseaux sociaux, mais le phénomène est réel.En carrière sociale notamment les cas se multiplient. Dans des formations comme le commerce international, où nous n’avions pas ou très peu à être confrontés à des questions de santé mentale des étudiants, nous avons maintenant chaque année plusieurs cas parfois difficiles, et certainement d’autres que nous n’identifions pas. Ces situations de mal-être se répercutent inévitablement sur leur investissement dans leurs études.
Gouvernance, démocratie interne et hiérarchies invisibles
Comment fonctionnent les décisions stratégiques au sein de votre université ?
Voilà un problème rarement soulevé : la force des universités, c’est la démocratie interne avec des responsables élus par l’ensemble des personnels et usagers. Des enseignants et enseignants-chercheurs sont ainsi choisis pour définir la stratégie de développement des universités qui est ensuite mise en œuvre de manière opérationnelle par les personnels administratifs. Mais dans un contexte de très forte contrainte budgétaire, les nécessaires arbitrages sont soumis à des pressions électoralistes diverses qu’il peut être difficile d’ignorer.Notre université est multidisciplinaire — pratiquement toutes les disciplines universitaires coexistent. Cela complique les arbitrages et la définition d’une stratégie globale. Les trois derniers présidents étaient médecins. Pourquoi ? Parce que la faculté de médecine a le plus grand nombre de professeurs d’université et, par conséquent, bénéficie d’un poids important au conseil d’administration au regard de sa composition.
Les filières professionnelles ont-elles une réelle voix au chapitre ?
Les filières professionnelles ou technologiques pâtissent parfois d’une image peu favorable aux yeux de certains. À mon sens cela est avant tout lié à la perception que l’on peut avoir de la mission fondamentale des universités. L’université doit-elle avant tout préparer les étudiants à intégrer le monde professionnel en adoptant une culture d’entreprise ou doit-elle former de futurs citoyens éclairés quant à leur responsabilité et choix économiques et politiques ?Les filières professionnelles peuvent donc être mal reconnues car jugées trop proches du monde de l’entreprise, trop riches car développant des formations en apprentissage et de la formation continue qui favorisent l’accroissement des ressources propres. Certaines autres disciplines par nature très professionnalisantes comme la médecine ou le droit, n’ont toutefois pas à gérer ce problème de reconnaissance. Les IUT peuvent avoir une voix au chapitre mais ils sont rarement mis en avant dans les grands axes stratégiques de l’université. C’est un sujet culturel profond mais qui doit être mis en regard de l’image des premiers cycles universitaires en général.
Les premiers cycles sont aussi souvent un peu oubliés. La réputation d’une université se bâtit sur ses masters et sa recherche. Les premiers cycles ne reçoivent pas toujours les dotations nécessaires.
Bureaucratie et conformité : l’ennemi de la qualité
Comment les normes externes affectent-elles votre travail quotidien ?
Nous sommes évalués sur le respect des normes plus que sur la qualité. Certifications, Qualiopi, Eduform, HCERES, les OPCO — tous contrôlent les processus, pas vraiment les résultats. Les questions posées et le regard lors des audits changent constamment selon l’auditeur. Ce qui prime ? Les papiers signés, les fiches de présence. Ce qui compte vraiment pour la qualité — le recrutement, les équipes pédagogiques, l’animation locale — devient secondaire.Un exemple concret ?
Les marchés publics peuvent être un exemple concret d’une bureaucratisation excessive. On doit en principe acheter le meilleur produit au meilleur prix tout en respectant, et c’est tout à fait normal, les règles de passation des marchés publics. Toutefois, le respect des règles est dans les faits toujours prioritaire par rapport à la règle du meilleur prix. Ainsi pour être certain que les règles seront bien respectées, et c’est objectivement très difficile de respecter toutes les règles dans un contexte de croissance des appels d’offre et contrainte de ressources humaines, il est plus prudent d’accroitre le recours à une centrale d’achat, ce qui en général conduit à une augmentation parfois très importante des prix d’achats. Ce phénomène est assez connu et pas du tout une spécificité des universités, mais il est très difficile d’accepter moralement ces formes de dérives budgétaires au regard des priorités en matière de formation des jeunes. La responsabilité est à mon sens à faire porter sur les normes imposées. Il y a là un chantier important à mener au niveau nationalLes masters : une massification problématique
Les masters n’ont-ils pas les mêmes problèmes que les premiers cycles ?
Il y a moins d’échecs en master. Mais c’est parce que les masters, ou plus généralement les formations reconnues à bac+5, se sont adaptés. Ils se sont multipliés dans les écoles d’ingénieurs et les écoles de commerce, favorisant ainsi une offre plus large pour faire face à la massification de l’enseignement supérieur, mais aussi des exigences parfois moins élevées dans certains centres de formation. Il y a donc une problématique commune avec les premiers cycles de massification, mais les formations de master conservent une possibilité plus grande de sélection à l’entrée qui peut les protéger un peu plus des taux d’échecs et de réorientation en croissance.On observe toutefois un phénomène troublant concernant certaines formations bac+5 qui accueillent des groupes de 80 à 90 étudiants en apprentissage. Il est très difficile de gérer des effectifs aussi élevés, notamment en apprentissage au regard du nécessaire suivi individualisé. Les motivations financières ne sont certainement pas étrangères à la constitution de groupes aussi importants.
Quel est le réel niveau de ces masters ?
Très hétérogène. Certaines entreprises nous le disent directement : elles *blacklistent* certaines formations bac+5 au regard d’expériences négatives avec leurs étudiants. En apprentissage on constate que certaines entreprises ne recrutent maintenant que des étudiants en second cycle universitaire pour les garder au moins deux années alors qu’en licence professionnelle elles ne peuvent les garder qu’une année. Malgré cela nous ne constatons pas toujours des différences notables en matière de missions confiées en entreprise à des étudiants à un niveau second cycle en comparaison des missions confiées à des étudiants en premier cycle. J’ai même croisé récemment un de mes anciens étudiants qui est actuellement en bac+5 en alternance dans une très grande entreprise française du secteur pétrolier. Il travaille en alternance comme gestionnaire de point de vente, concrètement il est pompiste. Je ne citerai pas le nom de l’école de commerce dans laquelle il effectue sa formation académique, mais je crains qu’il éprouve des difficultés à trouver un travail à la hauteur des espoirs que son acceptation en formation de second cycle a généré en lui. Un trop grand nombre d’étudiants diplômés de bac+5 ne trouvent d’ailleurs pas d’emploi en adéquation avec leur niveau d’études et/ou leur domaine de formation. Le problème ne vient pas uniquement du niveau des masters, mais aussi du trop grand nombre d’étudiants accédant à ces formations au regard des besoins de l’économie et de la situation en la matière dans les pays d’un niveau de développement équivalent à celui de la France.Apprentissage et formations continues : des effets pervers
Comment jugez-vous l’explosion de l’apprentissage ?
L’apprentissage était un bel outil. Mais nous avons vu des dérives à corriger. J’ai constaté des pratiques non seulement condamnables mais aussi moralement insoutenables, notamment l’investissement massif qui a été mobilisé pour développer les formations en alternance. La dernière en date, une TPE n’ayant que le PDG comme employé régulier, qui a recruté quatre apprentis pour n’en garder qu’un seul avant la fin de la période d’essai. Nous n’avons pas les moyens de lutter efficacement contre ces comportements mais il faut bien comprendre combien ils sont destructeurs pour des jeunes qui pensaient avoir trouvé un contrat d’apprentissage et qui ne pourront peut-être pas valider leur formation s’ils ne retrouvent pas de contrat rapidement. Ces effets d’aubaine sont heureusement très minoritaires mais ils constituent un réel problème…. D’un point de vue en revanche global je pense que le développement de l’apprentissage est un très bon moyen pour accompagner les jeunes à l’emploi. Les apprentis ont d’ailleurs beaucoup moins de difficultés à s’insérer ensuite professionnellement.Faut-il réduire les aides ?
Peut-être, pour éliminer certains mauvais acteurs. Mais il faut aussi protéger le modèle économique des structures publiques qui en dépendent. Nous avons absolument besoin des ressources financières générées par la formation continue et l’apprentissage. Un éventuel fléchage prioritaire des financements vers les diplômes d’État ou délivrant le grade de licence ou de master, permettrait de compenser une partie des problèmes de financement du secteur public de l’enseignement supérieur. Actuellement ce sont surtout les écoles privées qui bénéficient des subventions publiques pour l’apprentissage. Est-ce réellement normal, d’autant plus que les universités n’ont pas les moyens de concurrencer les écoles privées dans ce domaine. ?La masterisation : un bilan critique
Quel est votre regard sur la masterisation ?
Mitigé. Ce serait justifié si nous augmentions réellement la valeur des masters ou plutôt des bac+5 car ce que nous appelons masterisation ne recouvre pas que des diplômes conférant le garde de master. Beaucoup trop de jeunes ne trouvent pas de travail et redescendent sur des emplois bac+2, bac+3, voire en dessous. C’est destructeur pour la jeunesse mais aussi économiquement et socialement négatif.Des témoignages révoltants circulent : jeunes de 25 à 26 ans en chômage après un master, puis acceptant des métiers bien en deçà de leur qualification. Pourquoi ont-ils continué ? défaut d’aide pertinente à l’orientation et une attente sociale forte des parents de voir leurs enfants terminer leurs études avec un bac+5. Une promesse de sécurité économique malheureusement pas toujours tenue.
Mais les entreprises demandent aussi des jeunes qualifiés…
Oui, mais là est le cœur du problème. Il y a dissonance parfois trop forte entre les attentes du marché de l’emploi et les compétences développées en formation. Les métiers industriels, techniques, sanitaires, sociaux manquent cruellement de personnel. Mais les jeunes les évitent pour viser le master. C’est un enjeu d’image et de représentation culturelle. Il y a certainement aussi une carence en formation en matière de savoir être professionnel. C’est un sujet difficile à traiter car le savoir être professionnel ne relève pas uniquement de la formation universitaire.Réalités géographiques et inégalités territoriales
Les IUT ne sont-ils pas tous égaux ?
Non, absolument pas. Un IUT en métropole parisienne peut offrir des opportunités de poursuite d’études sans problème. Nous, nous gérons plusieurs licences professionnelles. Mais dans certaines régions françaises où les revenus sont plus faibles, et/ou l’environnement économique moins porteur, il est impossible de développer des IUT de taille suffisante pour proposer un éventail élevé de formations. D’autre part la mobilité des jeunes dans ces régions est souvent plus difficile.Les ressources dépendent aussi des relations qu’on entretient et de la politique budgétaire interne de l’université. Un IUT qui génère des ressources propres via la formation continue et l’apprentissage ne les voit pas toujours réinvesties. Cela crée de fortes inégalités au sein du réseau des IUT.
Intelligence artificielle : opportunité et défi
L’IA, un danger ou une opportunité ?
Une contrainte à laquelle nous devons nous adapter. Ce n’est pas une question de technologie, mais d’évolution. Les entreprises ont par ailleurs besoin de jeunes formés à l’IA. Il est donc de notre responsabilité de nous emparer de ce sujet. Le danger sera en fait d’autant plus grand que nous n’aurons pas formé les nouvelles générations à cette technologie dont les effets nous affecteront de plus en plus.Concrètement, comment adapter l’enseignement ?
Nous devons transformer nos évaluations. Au lieu de noter le produit final, nous devrons de plus en plus évaluer la maîtrise de la méthodologie et de la compréhension des principes. L’objectif sera à mon sens de vérifier que l’IA est utilisée pour promouvoir de nouveaux processus d’apprentissage et non pour contourner le travail…. Nos métiers vont changer. Prenez la prise de notes par IA — c’est extraordinaire. Mais cela redéfinit complètement la présence en cours, la concentration. Il faudra être plus exigeant sur les rendus, en privilégiant certainement de plus en plus les évaluations orales et d’autres formes d’évaluation des connaissances comme les QCM.Je ne suis personnellement pas vraiment intéressé par la technique en général, mais je suis en revanche très curieux de l’IA et des nouveaux enjeux que cela nous à traiter. J’utilise à ce titre de nombreuses plateformes comme Mistral et ChatGPT, mais aussi Gemini, Perplexity, Claude, Qwen. Les outils évoluent constamment et je recherche constamment à développer des modalités nouvelles d’apprentissage à partir de l’IA. C’est un milieu vivant qu’il faut suivre.
Propositions pour l’avenir
Quels changements priorisez-vous ?
D’abord, une année préparatoire pour accéder aux formations universitaires. Ensuite, repenser la politique managériale et stratégique au sein des universités, il faut créé plus de valeur sociale et économique à partir de ces très belles organisations que sont les universités.Troisième point : la bureaucratisation tue la qualité. Il faut évaluer les résultats, pas seulement les processus.
Quatrième : une vraie priorité politique pour l’enseignement public dans l’apprentissage et la formation continue, plutôt que de subventionner massivement le privé.
Enfin, repenser la gouvernance pour donner une réelle voix aux filières professionnelles et aux premiers cycles. Aujourd’hui, ils sont peu visibles dans les arbitrages stratégiques.
Comment regagnez-vous confiance envers le système ?
Le diable se cache dans les détails. Les grands projets, c’est séduisant sur le papier, mais c’est dans l’exécution que tout se joue. Il faut des acteurs locaux qui comprennent la réalité du fonctionnement des organisations, qui peuvent adapter leurs manières de faire en vue d’atteindre des objectifs, qui ont une autonomie intellectuelle leur permettant d’innover et de transformer les pratiques. C’est plutôt peu courant, mais c’est ce qui nous permet de construire et de nous adapter aux enjeux nouveaux de l’environnement.