« En ce moment, le régime est de type pouvoir sécuritaire–renseignement.
C’est un peu comme un régime militaire, sauf que c’est une invention plus récente.

Tout est sous le contrôle d’un groupe de gens des services de renseignement. Même le président et le Guide parlent sur leurs instructions.

Tous les médias sont coupés. Même Tabnak et le journal Sharg n’ont pas le droit de publier.
Il n’y a plus que Fars News et la radio-télévision d’État (IRIB).
Les autres ne font que republier leurs contenus.

Internet est rationné : le matin ça marche à moitié, et dans la journée ça se reconnecte plusieurs fois, par périodes d’environ une minute.
À 6 h du matin, on peut même passer des appels vocaux. Mais à 8 h 30, le “quota” est déjà épuisé.

Nous, concrètement, on est au chômage technique : le développement est à l’arrêt. Mais notre nombre d’utilisateurs a été multiplié par dix.

Tout le monde attend que Trump fasse quelque chose, donc les gens se taisent.

On n’est au courant que de ce qu’on voit nous-mêmes, parce que tout est coupé. Ceux qui sortent finissent par voir davantage, mais pour nous, pour l’instant, notre seule fenêtre sur l’actualité, c’est littéralement la fenêtre de la maison et du bureau.

Et Internet n’est pas censé être rétabli pour le moment. Fars News a dit que ça ne reviendrait pas avant la fin de la semaine prochaine. C’est clairement une décision des services. C’est le genre de décision que les services de renseignement en Iran ont toujours voulu pouvoir prendre — et on ne sait même pas combien de temps le contrôle restera entre leurs mains.

Soit l’Iran entre dans une Deuxième République, soit c’est un Troisième Pahlavi.
Et la décision finale dépend d’un certain Donald J. Trump.

Si c’était Obama, Clinton ou un de ces démocrates (insulte vulgaire dans l’original), moi je dirais : c’est sûr qu’on aboutit à une Deuxième République.
Mais Trump n’exclut pas non plus l’option d’un Troisième Pahlavi.

Cette République, c’est fini. Ils n’ont même pas réussi à remplir la place Enghelab avec des partisans.
Le président de l’Iran a disparu.
Personne ne parle du gouvernement.
Le ministre de l’Intérieur n’est plus là.
Les gouverneurs de province et les préfets ne sont plus là.

Moi, j’ai l’impression qu’il y a un conflit très violent entre le gouvernement et le renseignement des Gardiens de la Révolution, qui a pris le contrôle du pays. »