À Aubervilliers : la santé proche et préventive

À Aubervilliers : la santé proche et préventive

Véronique Dauvergne est Maire adjointe à la santé et au SCHS (Service Communal d’Hygiène et de Santé) à Aubervilliers. Pour Convergences Travaillistes, l’élue de Seine-Saint-Denis revient sur sa pratique en matière de santé communale déployée dans une des communes les plus pauvres d’Ile-de-France.

Votre approche de la santé repose sur une définition large. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Véronique Dauvergne :
Mon approche s’est construite à partir de la définition de l’OMS : « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Le meilleur état de santé que chacun peut atteindre constitue un droit fondamental de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, ou encore sa condition économique et sociale. C’est aussi une condition essentielle à la paix et à la sécurité mondiale, qui repose sur la coopération des individus comme des États. Cette vision, issue de la Constitution de 1946, reste d’une incroyable modernité : appliquée, elle permet de construire une politique de santé efficace et efficiente.

En tant qu’élue à la santé, à l’hygiène et à la salubrité (SCHS), comment avez-vous orienté votre mandat ?

V.D. :
Je l’ai structuré autour de quatre axes : prévention, promotion, soins et coercition. Ces secteurs existaient déjà, portés par des agents territoriaux très investis. J’ai fait mienne la devise du service prévention jeunesse d’Aubervilliers : « Aller vers, ramener vers, faire avec ». Une vraie politique de santé ne peut se construire qu’avec la participation des habitants, notamment à travers des ateliers de santé communautaire. L’OMS elle-même encourage cette approche : le citoyen devient acteur de sa santé, dans une vision globale et de proximité.

Le contexte social et économique d’Aubervilliers a-t-il influencé vos priorités ?

V.D. :
Évidemment. Aubervilliers est l’une des villes les plus pauvres d’Île-de-France : 41 % de pauvreté, un chômage élevé, un nombre important de familles monoparentales, une population féminine sous-représentée (47 %), un habitat souvent dégradé, des bailleurs peu scrupuleux… Mais aussi une solidarité hors pair. Ce contexte a guidé mes actions, notamment autour du logement, qui est un déterminant majeur de santé.

Concrètement, quelles actions avez-vous mises en place ?

V.D. :

Lutte contre les marchands de sommeil : développement du permis de louer, visites systématiques des logements, mises aux normes, conventions avec la CAF.
Partenariats institutionnels : avec l’ARS, le préfet, Plaine Commune, la CPAM 93, les hôpitaux du territoire.
Création d’une CPTS (Communauté professionnelle territoriale de santé).
Déploiement de deux CMS (Centres municipaux de santé) avec pôles dédiés.
Ouverture d’un CSAPA (Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie).

Comment organisez-vous la promotion de la santé ?

V.D. :
Nous avons une équipe pluridisciplinaire. Elle propose des ateliers mais aussi une présence directe sur les marchés, à l’hôtel de ville, dans les Maisons pour tous. Nous développons des ateliers de renforcement des compétences psychosociales. Nous organisons également des temps forts :

Octobre Rose avec ateliers, course, jeux ;
Mai : lutte contre la précarité menstruelle (ateliers, fabrication de protections, installation de distributeurs).

Nous travaillons avec un collectif d’associations locales qui nous accompagne.

Et en matière de prévention ?

V.D. :
Nous agissons au-delà du soin classique. Par exemple :

Prévention dentaire ;
✓ Santé mentale : 325 personnes formées aux Premiers secours en santé mentale ;
✓ Ateliers dans les foyers de travailleurs migrants et résidences étudiantes ;
✓ Actions symboliques et pédagogiques : dépistages IST, programme « Mosaïque » pour collégiens, etc.

Selon vous, quels sont les enjeux essentiels liés à la santé et au bien-être ?

V.D. :
Avoir un logement sûr, c’est pouvoir avoir une vie sociale et prendre soin de soi. Les dispositifs de zéro reste à charge pour les prothèses dentaires, auditives et optiques vont dans ce sens :

→ Une belle dentition, c’est pouvoir sourire ;
→ Bien entendre, c’est communiquer sans gêne ;
→ Bien voir, c’est reconnaître ses proches dans la rue.

Tout cela contribue à l’estime de soi, à la communication et à l’inclusion sociale. Je suis convaincue que la pyramide de Maslow s’applique pleinement ici : besoins physiologiques, sécurité, appartenance, estime et accomplissement.

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